Jacques R Gesret : pour une nouvelle approche de l'asthme
Publié dans la revue "Vous et votre santé" (1994)
Jacques Gesret travaille depuis dix années sur la pathologie asthmatiforme.
A partir de ses travaux, il propose une toute nouvelle théorie concernant l'asthme. Il s'agit d'une découverte fondamentale, assortie d'une proposition thérapeutique qu'il tente, en vain depuis 1985, de faire tester sous contrôle hospitalier pour en démontrer son efficacité.
L'asthme concernant environ 10% de la population, il nous apparaît important de faire connaître au plus grand nombre de nouvelles approches de la maladie et de participer ainsi à la diffusion d'informations bien trop souvent confidentielles.(Voir à ce sujet la mise au point de l'auteur dans le courrier des lecteurs du N°9 de Vous et votre santé, p.29)
Cette étude est l'aboutissement de 10 années d'observations rigoureuses, effectuées en respectant la méthodologie préconisée par Claude Bernard dans son introduction à la Médecine expérimentale.
Ces observations ont été confortées par l'utilisation d'une thérapeutique nouvelle qui nous permet d'arriver à des résultats bien supérieurs à ceux réalisés actuellement par d'autres méthodes.
Nous obtenons, sans l'usage de médicaments, la disparition des symptômes sur plus de cinq ans sans constater de rechute. (n.d.l.r.)
L'asthme
L'asthme a la possibilité d'apparaître, sous différentes formes, dans les deux sexes, à n'importe quel moment de la vie : chez l'adulte jeune dans les 3/5 des cas, vers la cinquantaine les 2/5 des cas, mais aussi chez le vieillard et l'enfant.
Une maladie inclassable
Une affection aussi multiforme et capricieuse n'est pas facile à classer et l'on a toujours pas réussi à la définir comme syndrome ou maladie. Selon les auteurs les causes sont différentes. Pour Trousseau, il s'agissait d'une disposition personnelle de certains individus à subir, simultanément ou en alternance, des manifestations diverses sur des organes différents (comme par exemple les troubles respiratoires et l'eczéma).
Pour Brissaud, le dérèglement nerveux des malades, taxé de névrose respiratoire, était le seul en cause.
L'hypersensibilité allergique et les problèmes psychophysiologiques sont actuellement retenus comme cause de déclenchement des crises d'asthme. Mais l'hypersensibilité allergique n'est démontrée que dans 25 à 65% des cas selon les auteurs et les statistiques. Quant à l'origine psychologique, émotivité et anxiété, on ne peut la restreindre aux seuls asthmatiques. Il existe aussi d'autres formes d'asthmes pour lesquelles aucune étiologie n'a pu être démontrée. En fait les causes et le véritable mécanisme de l'asthme sont encore ignorés.
Une autre vision de la maladie
Nous allons pour ce faire partir de quelques idées de base : l'individu serait programmé depuis la nuit des temps pour assurer la survie de l'espèce.
Le corps ne fabriquerait que ce qui lui serait utile ou nécessaire. Le système nerveux central est l'élément majeur de l'individu, il recueille toutes les informations du système nerveux périphérique, les analyse et adapte ses réponses en fonction de celles-ci. Le corps pourrait-on dire, est une société de consommation et une société de communication ayant atteint son plus haut niveau de perfection. Nous en déduisons que - à un message périphérique logique - il existera une réponse centrale logique.
Pourtant il existe des exceptions à cette règle, elles sont connues sous l'appellation d'informations projetées, (dites fantômes) comme dans l'algie des amputés, l'infarctus du myocarde et le point de Mac Burney concernant l'appendice.
Ceci nous apporte la preuve que le système central peut être conduit à commettre des erreurs d'interprétations à partir de messages mal définis.
De ce fait, nous pourrions logiquement envisager la possibilité qu'un certain nombre de pathologies (asthme, eczéma, psoriasis, etc.), pour lesquelles aucune cause précise n'a été encore démontrée aient pour origine des erreurs d'interprétations commises à partir d'informations projetées, avec pour conséquences l'apparition de symptômes divers (viscéraux, cutanés, psychophysiologiques, etc.).
Des troubles constants de la statique
A partir de ces idées de base, j'ai, depuis 1984, observé, constaté et expérimenté sur un très grand nombre de cas les faits suivants : il existe chez TOUS les asthmatiques un déficit comparatif d'amplitude mécanique d'un des deux hémi thorax, conséquent à une rotation de la partie supérieure thoracique. On constate à la palpation, qu'il existe une sub-luxation constante des deux ou trois premières côtes au niveau de leur articulation chondrocostale. Une pression effectuée à ce niveau, sur celle qui est douloureuse (2 ou 3ème), déclenche instantanément la crise d'asthme pendant une respiration forcée.
Un autre point douloureux à la pression est aussi trouvé de façon constante. Il est d'une importance capitale, situé sous l'aisselle, du côté opposé au point déclencheur, dans l'espace intercostal correspondant, il a la faculté de faire cesser une crise d'asthme en une dizaine de secondes, si l'on y effectue un massage appuyé (douloureux). Son efficacité est comparable à une prise de ventoline, libérant instantanément la respiration. Cette expérience peut être réalisée par, ou sur, n'importe quel asthmatique. On trouve le point déclencheur à droite et le point d'arrêt à gauche dans plus de 90% des cas et à l'inverse pour les autres.
Cette observation capitale m'a conduit à penser que la cause de l'asthme pourrait avoir une origine mécanique et qu'une information nerveuse périphérique pourrait être interprétée à tort comme provenant du plexus pulmonaire.
Les troubles des bronches
Réexaminons au préalable les troubles physiologiques des bronches chez les asthmatiques. L'analyse clinique de la crise d'asthme montre l'existence de deux processus : l'un mécanique, l'autre sécrétoire.
Le trouble mécanique de la ventilation, provient du rétrécissement du calibre des bronchioles, par un spasme des muscles lisses qui s'oppose à l'évacuation des alvéoles. L'obstruction est variable mais ne disparaît pas complètement en dehors des crises. Ce spasme musculaire bronchique est déclenché par une excitation nerveuse parasympathique issue du nerf pneumogastrique.
Une information qui est relayée par une multitude de petits ganglions qui tapissent la paroi des bronchioles. Ces fibres nerveuses libèrent à leurs extrémités de l'acétylcholine, cette substance a une action constrictrice sur le muscle. Pour faire cesser cette contraction, on administre aujourd'hui des substances à effets antagonistes : catécholamine et aminophylline.
Le trouble sécrétoire provient de deux appareils : l'un, cellulaire, l'autre, glandulaire, qui sont également stimulés par la voie nerveuse sympathique et parasympathique.
L'asthme et l'information fantôme
Pour étayer et tenter de confirmer l'hypothèse de l'information projetée dans le cas précis de l'asthme, nous allons nous appuyer sur des bases de neurophysiologie à partir des travaux de Guy Lazorthes ( le système nerveux périphérique, édit. Masson). Il dit : "les fibres parasympathiques venues du pneumogastrique sont broncho-constrictrices ; les fibres sympathiques venues des 2ème et 3ème segments médullaires dorsaux et qui traversent le ganglion étoilé et les ganglions thoraciques sont broncho-dilatatrices".
Nous tenons là une confirmation neurophysiologique de l'influence des informations issues des trois premiers étages thoraciques qui, je le rappelle, sont d'après mes travaux à l'origine de l'asthme.
Plusieurs possibilités sont alors à envisager concernant la réaction constrictrice du pneumo-gastrique. Soit il s'agirait d'une information d'origine articulaire qui serait transmise par le système sympathique et qui serait interprétée à tort, par le système central, comme provenant du plexus pulmonaire. Soit il s'agirait d'un déficit de l'action antagoniste du système sympathique obtenu par une légère compression de certaines racines nerveuses au niveau de leurs émergences vertébrales, due à une rotation anormale des trois premiers étages vertébraux (Un examen par scanner devrait le confirmer facilement). On assisterait alors aux mêmes phénomènes réactifs au niveau du viscère poumon à partir d'une cause différente.
Observons l'attitude de l'asthmatique :
- qu'il soit couché (presque assis) ou debout, il a les épaules rentrées, il utilise une respiration abdominale instinctive ou apprise, tout ceci dans le but, non réfléchi, de ne pas mobiliser la partie supérieure de son thorax. Il se plaint souvent d'une gène précédant sa crise, provenant d'un côté de la région supérieure de sa poitrine elle peut parfois être à caractère douloureux. Dans les cas ou une grande amplitude est provoquée, effort, rire, respiration thoracique forcée, toux, éternuements, la crise d'asthme est déclenchée.
Toutes ces observations tendent à nous orienter vers la preuve de l'origine mécanique de cette pathologie. Le dérèglement psychologique ne peut pas en être la cause, il n'est que la conséquence de l'atteinte angoissante d'une fonction vitale de l'organisme, la respiration, base de la vie.
Les bases du traitement
Cette pathologie étant consécutive à des troubles mécaniques du segment thoracique supérieur, issus d'un dérèglement de la statique générale du sujet, nous y remédions par une rééquilibration générale et par la restitution des jeux articulaires normaux des articulations chondrocostales. La méthode employée est entièrement manuelle, complémentée par la mise en pratique de lois biomécaniques inédites assurant la pérennité de la rééquilibration, et complétée par l'utilisation d'une forme particulière de dermoréflexothérapie [technique abandonnée depuis car plus nécessaire vu l'amélioration des techniques manipulatoires]. Trois à quatre séances d'une heure de travail sont nécessaires pour obtenir la régression de tous les symptômes.

