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Vrai ou faux asthme ?
Nous allons aborder ici une curiosité.
Demandez à n'importe quel médecin de vous donner la définition de l'asthme et il vous
répondra "l'asthme est une dyspnée expiratoire", la cause est entendue.
Pourtant, j'ai pu constater sur bien des sujets qu'il n'en était pas toujours ainsi.
Certains ont des difficultés (parfois très importantes) à l'inspiration et expirent de
façon normale exactement le contraire de l'asthmatique.
Il s'agit de la dyspnée inspiratoire (cliquer sur
play pour écouter):
Pour illustrer mon propos, je vais vous citer un cas qui
m'a posé un réel problème pendant des années :
- ce patient était sujet à de violentes crises d'asthme lorsque je l'ai vu pour la
première fois. Après quelques séances, l'on peut dire que ses symptômes avaient
régressé de près de 90% et il ne lui était plus nécessaire d'utiliser
régulièrement ses médicaments habituels. Travaillant dans un milieu pourtant très
chargé en poussières il n'avait plus aucune manifestation allergique mais dès qu'il
était couché, il était pris de toux et voyait apparaître "une crise
d'asthme". Ses étages thoraciques ne présentaient aucune restriction de mobilité
articulaire et il n'existait plus aucune sub-luxation chondro-costale résiduelle. Je dois
avouer que je n'y comprenais plus rien !
Le test du
coton-tige
Cette personne venait (gratuitement) une fois par an pour bénéficier des améliorations
portées à mes techniques et je ne l'avais jamais vu en état de crise, jusqu'au jour où
:
- lors d'une palpation effectuée pour contrôler la position de sa première cervicale,
je lui provoquais une petite réaction de toux.
Surpris, je renouvelle ma palpation - nouvelle réaction de toux - je lui pose la question
suivante : que ressentez-vous qui vous fait tousser ?
- "Je ressens des fourmillements dans la gorge", me dit-il, tout en me montrant
son pharynx du doigt.
Et il ajoute :"ce n'est rien ça, quand je passe un coton tige dans mon oreille pour
la nettoyer, j'ai immédiatement une crise d'asthme".
Intrigué, j'ai procédé de suite à ce test et constaté que je venais de déclencher
une violente crise de toux dyspnéïsante, ce qui m'obligea à le faire asseoir car il
s'étouffait réellement. C'était ça "sa crise d'asthme" !
Intrigué par cette réaction, je constatais, à ma grande
surprise, que sa dyspnée n'était pas expiratoire mais inspiratoire !
Je me souvenais alors avoir lu dans l'ouvrage de Guy
Lazorthes (le système nerveux périphérique) qu'il signalait :
Cette personne avait ce réflexe dès l'entrée du conduit
auditif externe.
Je procédais alors à la levée de la restriction articulaire de sa première cervicale
(immobilisée dans une position peu fréquente), puis renouvelai le test du coton tige et
constatai avec surprise qu'il ne se produisait plus de réflexe de toux.
Par la suite, ce sujet n'a plus fait aucune "crise d'asthme".
Depuis cette découverte, je pratique systématiquement ce test et constate qu'il existe
un certain nombre de sujets qualifiés "d'asthmatiques" qui présentent non pas
une dyspnée expiratoire mais inspiratoire, toujours précédée de paresthésies
pharyngées et de toux assez violente.
Exemple de toux laryngée qui
peut précéder un spasme du larynx avec difficulté inspiratoire (cliquer
sur play pour écouter):
Il m'est possible, aujourd'hui, de préciser que ce réflexe de toux, produit par
l'excitation du conduit auditif externe, n'est présent que dans les cas où il existe une
restriction articulaire importante du premier étage cervical.
Chez un sujet normal, il n'existe pas.
Neurophysiologie
Pour en savoir un peu plus, relisons ce que dit le Pr. Guy
Lazorthes au sujet du nerf sensitif du conduit auditif externe et du X :
-
"le rameau sensitif du conduit auditif externe
s'anastomose avec le pneumogastrique (nerf du 4e arc branchial).
-
"le X e nerf crânien est un nerf mixte somatique et
viscéral. Par ses fibres sensitives, il innerve une partie de la peau du conduit auditif
externe et la muqueuse de la partie inférieure du pharynx et de tout le larynx."
-
"Par ses fibres neurovégétatives, afférentes et
efférentes, il innerve la trachée, les bronches et les poumons."
-
"Territoire sensitif du X : zone cutanée
rétro auriculaire du pavillon de l'oreille et du conduit auditif externe. Une zone
muqueuse comprenant l'étage inférieur du pharynx et le larynx. Cette zone est le point
de départ de réflexes protecteurs capitaux pour les voies aéro-digestives supérieures
(toux). Les troubles sensitifs : les paresthésies du pharynx inférieur et du larynx
témoignent de l'atteinte du nerf ou de son noyau.
-
"Rôle neurovégétatif du X : au point de vue moteur,
il joue un rôle dans la régulation des grandes fonctions végétatives. Il contrôle
l'innervation des muscles lisses des appareils digestif et respiratoire".
On pourrait donc penser, à la lecture des différents
auteurs, à l'observation, à la pratique et aux constatations, qu'une certaine
malposition de C1 puisse engendrer soit :
- une hypersensibilité du nerf du conduit auditif externe,
- générer une information "fantôme" qui sera perçue comme provenant du
pharynx.
Spasme
pharyngé = faux asthme
De ces faits, lorsque le nerf sensitif du conduit externe de l'oreille est sollicité par
un attouchement quelconque, il déclenche immédiatement des paresthésies pharyngées
suivies d'un violent réflexe de toux à caractère dyspnéïsante, qui peut être suivie
par un spasme (réflexe défensif) du pharynx dans un premier temps en se traduisant par
une dyspnée inspiratoire.
Par la suite, et par voie réflexe sur le pneumogastrique, peut s'enchaîner une
contraction des muscles lisses des bronches, qui va se traduire par une dyspnée
expiratoire venant s'ajouter à la première.
Ce type de combinaison représente la forme la plus grave
de la crise "d'asthme" et conduit à une mise en assistance respiratoire en
milieu hospitalier.
Les médications habituelles sont souvent sans grand effet, puisqu'elles sont destinées
à agir sur les bronches et que dans ce cas, il s'agit d'un spasme du pharynx.
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