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Le mythe du
réflexe d'axone |
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Tout le monde "connaît" le réflexe dit d'axone
Qu'en disent les spécialistes ?
Loi de la polarisation dynamique :
"Dans le dendrite, l'influx nerveux
va de l'extrémité libre au corps cellulaire, il est cellulipète ; dans le cylindraxe,
l'influx va du corps cellulaire aux extrémités du cylindraxe, il est cellulifuge."
"Chaque neurone présente donc deux
pôles, un pôle percepteur situé à l'extrémité du ou des prolongements
protoplasmiques, un pôle effecteur situé à l'extrémité du cylindraxe ou de ses
collatérales."
"Les voies nerveuses, même les plus
simples, sont presque toujours constituées par plusieurs neurones placés
bout à bout
comme les maillons d'une chaîne (théorie caténaire). Il est évident que ces chaînes
neuronales ne peuvent fonctionner que si elles obéissent elles-mêmes à la loi de la
polarisation dynamique."
"Cependant cette loi n'est pas la
conséquence de la constitution de la cellule nerveuse, mais elle découle de la position
des neurones par rapport aux surfaces sensibles et aux organes effecteurs comme aussi de
leurs relations réciproques dans la chaîne neuronale."
"Cette notion comme aussi celle qui
veut que l'influx nerveux ne doit pas obligatoirement traverser le corps cellulaire permet
d'expliquer le phénomène en apparence incompréhensible du réflexe d'axone ou
antidromique où l'on voit l'influx revenir à la périphérie en empruntant un
segment de dendrite normalement préposé à la seule conduction cellulipète."
(J. Delmas et A. Delmas -Voies et centres nerveux - Masson Ed.
Paris)
Tiens donc, le réflexe d'axone est
incompréhensible dans son principe !
Cette théorie, communément admise ne me donne pas
satisfaction aussi vais-je essayer de démontrer qu'il peut en exister une autre, plus
logique et pour ce faire nous allons nous intéresser aux circuits réflexes en les
revoyant un par un.
Nous allons rappeler et tenir compte d'une
constatation de la plus grande importance :
les zones cutanées qui transmettent
parfaitement l'information de type "piqûre" ont une réaction
érythémateuse normale lorsqu'elles sont excitées par une percussion au
martelet à aiguilles
les zones cutanées qui transmettent une
information de type "brûlure" n'ont pas de réaction érythémateuse
lorsqu'elles sont excitées dans les mêmes conditions, elles ont même, parfois, une
réaction de vasoconstriction.
Si l'on considère que tous les systèmes
sont étroitement imbriqués, un déséquilibre de la statique ne pourrait-il provoquer :
une réaction inflammatoire, au niveau
des trous de conjugaison
une compression sur une racine nerveuse
et entraîner de ce fait "l'asphyxie" des fibres myélinisées de gros diamètre
très gourmandes en oxygène (à vitesse de conduction élevée, transmetteuses de la
sensation de piqûre).
Dans le système de "gate
control" (melzack, casey, wall. 1965), ces
fibres transmettant des excitations cutanées de faible intensité augmenteraient
l'activité inhibitrice de l'interneurone en entraînant un blocage pré
synaptique.
"GATE CONTROL SYSTEM" (d'après Melzac, Casey
et Wall) |
Les influx n'étant pas
transmis il n'y a pas d'information douloureuse véritable.
En cas de non fonctionnement de ces fibres, seules celles de faible diamètre
myélinisées ou non myélinisées (conduction lente, brûlure) conduiront leurs influx.
Dans ce cas le tonus inhibiteur de l'interneurone est diminué : il entraîne une
facilitation pré synaptique et les influx nerveux sont transmis comme douloureux.
Ceci
pourrait expliquer pourquoi certaines zones cutanées transmettent
une information de type brûlure lorsqu'on les excite par piqûre et pourquoi ces mêmes
zones ne présentent pas de réaction érythémateuse à cette excitation |
Pour entrer en matière on
peut déjà revoir et admettre que :
"La délimitation des territoires
d'innervation des racines sensitives diffère du contour des territoires innervés par les
nerfs périphériques qui figurent une sorte de mosaïque irrégulière. Cette différence
permet, d'après l'étendue des troubles objectifs ou subjectifs de localiser une lésion
sur la moelle, les racines et le nerf mixte (topographie radiculaire) ou sur les plexus et
les nerfs périphériques (topographie tronculaire)."
"Pour une zone cutanée, il existe
une innervation radiculaire triple, celle de la racine directe mais aussi celle de la
racine supérieure et inférieure. La section d'une racine n'entraîne qu'une
hypoesthésie et non une anesthésie totale."
"Une affection d'un viscère peut
entraîner des douleurs ou bien une hyperesthésie au niveau des zones cutanées
déterminées appelées zones de Head. Ces zones ont pour chaque organe une localisation
déterminée qui correspond approximativement aux dermatomes dont les racines
postérieures contiennent les fibres viscéro-sensibles de l'organe en question. Ces zones
ont une importance pratique considérable en matière diagnostique. " (c.f. Guy Lazorthes)
La naissance de ces relations
entre sensibilité cutanée et viscérale est inconnue.
(c.f. W.Kahle, Léonhardt, Platzer)
Tiens-donc : après un phénomène
"en apparence" incompréhensible", voici maintenant une relation "inconnue"
!
"Les nerfs périphériques donnent
sur tout leur trajet des collatérales sympathiques aux vaisseaux, aux pièces du
squelette, aux éléments des articulations (nerfs articulaires). Ces nerfs sont soit
moteurs et se rendent aux parois vasculaires, soit sensitifs et transportent la
sensibilité profonde vasculaire, osseuse ou articulaire. " (c.f.
Guy Lazorthes)
Que se passe-t-il au niveau médullaire ?
"Le métamère médullaire avec la
paire rachidienne à laquelle il donne naissance, isolé des métamères sus et sous
jacents, joue uniquement par sa substance grise, le rôle d'un centre réflexe
élémentaire." (A. Delmas et J. Delmas)
"Toute incitation périphérique
empruntera pour gagner la substance grise de la moelle le support d'un neurone unique
médullopète, appelé neurone sensitif et mieux protoneurone sensitif puisqu'il sera le
premier maillon de la grande chaîne sensitive."
"Le corps de ce protoneurone, par
exception unique à la règle, est situé en dehors du névraxe, dans le ganglion
spinal lui-même situé sur la racine postérieure." (A.
Delmas et J. Delmas)
Tiens-donc :
après un phénomène en apparence "incompréhensible", puis une relation "inconnue", voici maintenant une "exception unique à la règle" !
Le protoneurone sensitif s'articule avec un
autre neurone de la substance grise médullaire chargé de rapporter à la périphérie
sous forme de réaction soit motrice, soit sécrétoire, l'excitation reçue de ce protoneurone sensitif.
Le nerf rachidien est un nerf mixte
puisqu'il représente, cheminant côte à côte mais en sens contraire, fibres nerveuses
sensitives et fibres nerveuses motrices qui ne se séparent qu'à la périphérie pour
gagner soit les organes effecteurs, soit les téguments, représentant respectivement leur
point d'arrivée ou de départ.
Telle est la constitution de l'arc réflexe
le plus simple, le plus élémentaire et dont la substance grise d'une tranche
métamérique de moelle constitue le centre fonctionnel.
S'il en était ainsi, simplement, les
réactions manqueraient de souplesse, alors pour moduler les réactions nous avons un
autre neurone qui intervient en élément modérateur. Il sert d'agent de liaison, de
tampon entre la corne postérieure sensitive et la corne antérieure motrice, on l'appelle
neurone connecteur ou ajusteur :
Il ne possède ni conscience ni volonté
mais il représente la première réalisation d'un appareil de réserve capable,
éventuellement, de fonctionnement autonome (conserver le souvenir des influx qui l'ont
traversé, de modérer leur intensité, de ralentir leur vitesse).
Parenthèse : le système nerveux central,
quelle que soit sa complexité, ne renfermera jamais que deux sortes d'éléments :
les neurones percepteurs ou effecteurs,
les neurones connecteurs qui réaliseront
les structures intra axiales.
Le nerf rachidien transporte à la moelle
des informations multiples issues des téguments mais aussi celles des muscles, tendons,
squelette, articulations, etc. Il transporte aussi celles du système viscéral.
Il y a trois sortes d'influx nerveux
centripètes dans chaque métamère. Sherrington appelle respectivement sensations
extéroceptives, proprioceptives et intéroceptives les sensations ainsi individualisées
dès leur point de départ.
Ces informations vont parvenir à la moelle au niveau de la corne postérieure dite
"sensitive". Elle se divise en trois centres qui recevront respectivement les
influx extéro, proprio et intéroceptifs. Les premier et deuxième centres constituent
la zone somato-sensible et le troisième la zone viscéro-sensible.
On peut simplifier la relation
métamérique médullaire extéroceptive en la rapportant aux territoires métamériques
cutanés, sans tenir compte de l'influence, pour chaque métamère, de celui qui est
immédiatement inférieur ou supérieur.
Les informations extéroceptives sont
diverses, ce sont les sensations de chaleur, de froid,
de douleur, de pression.
Ces quatre premières sensations pouvant être dissociées prouvent l'existence de
récepteurs spécifiques indépendants.
On peut aussi apprécier des sensations plus fines telles que : rugosité,
dureté, humidité et leurs variations.
Quand on explore finement la sensibilité
cutanée, on constate que tous les points ne donnent pas la même sensation :
il y a des points de tact où toute
excitation est perçue comme simple contact
des points de froid moins nombreux
et des points de chaud plus rares encore.
En utilisant des pointes très fines, on a
découvert un quatrième système - les points de piqûre - très sensibles. Ils ont une
densité moyenne de 170 par cm2.
Les diverses sensibilités cutanées
normales sont appelées épicritiques, de ce fait j'ai donné le
titre d'anomalies du réflexe épicritique cutané aux sensations de type brûlure
ressenties dans certaines zone lorsqu'elles sont excitées par un message de type piqûre,
se traduisant par une absence de réaction érythémateuse par rapport à une zone
transmettant normalement l'information.
les terminaisons nerveuses libres de
l'épiderme transmettent les informations de type piqûre à une vitesse de 20 à 30 m / s
par des fibres myélinisées de moyen diamètre.
les corpuscules de Meissner transmettent
les sensations tactiles encore plus rapidement : 30 à 60 m / s par des fibres
myélinisées de gros diamètre.
la sensation de brûlure est transmise
plus lentement : 2 à 5 m / s par des fibres de petit diamètre sans myéline.
"Les fibres de la piqûre se
rattachent aux autres fibres de la sensibilité consciente, alors que les fibres de la
brûlure sont analogues du point de vue physiologique aux fibres sympathiques viscérales."
(Paul Chauchard)
" Les neurones médullaires de la
douleur ont des collatérales pouvant se mettre en rapport avec d'autres neurones de
voisinage ; il y aura là possibilité de réflexes plus simples. De cet ordre sont
beaucoup de manifestations locales de la zone douloureuse : la rougeur, la chair de poule,
les contractures, etc." (Paul Chauchard)
Si nous admettons l'existence de rapports
entre neurones de voisinage, si nous admettons également la modulation des influx par le
système de "gate control", nous devons penser qu'il existe un mécanisme de
vascularisation réflexe plus logique que la théorie "nébuleuse" du réflexe
d'axone.
Ce qui me fait prendre cette position que
certains jugeront "osée", c'est que :
la
vasodilatation réponse est intimement
liée à la transmission des informations de type "piqûre"
La
vasodilatation réponse
n'existe pas dans les zones qui ne transmettent qu'une information de
type "brûlure"
Ce qui implique que :
Plusieurs possibilités existent et nous
allons tenter de les démontrer :
les voies qui conduisent la sensibilité
tactile et les informations de type "piqûre" sont différentes de celles qui
conduisent les informations douloureuses diverses notamment la sensation de brûlure
nous savons qu'il existe une modulation
interneuronale dite "gate control", nous savons également que les informations
tactiles et de type "piqûre" sont transmises par des fibres myélinées de
gros diamètre
nous savons aussi que ces informations
rapides (lorsqu'elles sont seules) bloquent la transmission des informations plus lentes
nous pourrions admettre, comme je l'ai
formulé plus avant, que dans le cas d'une compression quelconque (mécanique,
inflammatoire), que les fibres myélinées de gros diamètre soient
"asphyxiées" par manque d'oxygène et que de ce fait, elles ne puissent plus
assurer la transmission des informations à la vitesse habituelle. Cette vitesse
deviendrait alors inférieure (ou nulle) à la vitesse de transmission des fibres
amyéliniques lentes transmetteuses de l'information de type "brûlure".
De ce fait, en
l'absence des informations tactiles et de type piqûre, seules seraient
transmises et en permanence les informations de type thermiques.
Curieusement, lorsque seules ces
informations sont transmises, il n'existe pas de réaction vasculaire réflexe dite
"d'axone".
J'ai même pu constater que :
Ceci est
très important, démontrant la non existence du réflexe d'axone
Nous savons que la réponse vasculaire est
commandée par la voie efférente parasympathique issue du cordon central médullaire.
Les informations sensitives intéroceptives aboutissent dans une zone médullaire située
à la base de la corne postérieure qui est juxta-épendymaire et qui s'accole à la zone
viscéro-motrice immédiatement antérieure, elle aussi juxta-épendymaire.
Nous avons là une proximité immédiate entre le cordon parasympathique central et les
zones viscéro-sensitives et viscéro-motrices.
Il doit donc obligatoirement
exister un interneurone, sinon des connections, qui permettent des échanges
d'informations entre ces trois centres.
Je dis obligatoirement car il est logique
que des informations provenant des viscères impliquent des réponses viscéro-motrices de
deux types : sympathique et parasympathique.
Maintenant, il serait également
logique d'envisager une possibilité d'échange d'informations entre les voies
intéroceptives et les voies extéroceptives (ou l'inverse) conductrices des informations
lentes (douloureuses) de type "brûlure".
La relation peau
viscère !
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